Coronavirus – Journal de confinement – Jour 24

Est-il possible continuer de s’émerveiller de la beauté des choses dans un monde qui nous confronte chaque jour à de nouvelles horreurs ? Comment apprécier cette futilité qu’est le beau au milieu des chaos qui nous entourent ? Peut-on se réjouir de la manière dont notre nouvelle couleur de rouge à lèvres nous va au teint quand on sait que plus de 30000 espèces animales sont menacées dans le monde ? Peut-on s’extasier de pouvoir travailler notre bronzage au soleil alors qu’on est au mois de février ? Peut-on profiter pleinement d’un coucher de soleil sur la mer quand on sait qu’à l’autre bout du monde, la fonte des glaciers s’accélèrent dangereusement ? Est-il possible de jouir de la douceur de nos jambes après un combo gommage-épilation sans scrupules quand des gens meurent partout autour des suites de la crise sanitaire que nous connaissons tous actuellement ?

Si parfois, j’ai l’impression que l’horreur prend toute la place et qu’il suffit de regarder les infos un peu trop longtemps pour tomber en dépression profonde, j’ai décidé de contrer cela justement en m’attardant sur le beau. La beauté dans son essence la plus pure. Parce que finalement, est-ce que notre capacité à nous émerveiller de choses belles ne fait pas partie des choses qui nous caractérisent comme humains ?

J’ai décidé de m’émerveiller, de voir et même de regarder le beau autour de moi afin de contrer la laideur que nous révèlent tant d’aspects de notre monde actuel. Je voudrais être militante de la beauté. Faire de cet émerveillement une forme de militantisme et d’activisme à ma manière. Je veux être résistante de la morosité ambiante , cultiver un regard autre sur les choses, rééduquer mes yeux, découvrir la beauté là où je ne l’imaginais plus. Parce que “la beauté est partout, même dans les terres les plus hostiles, même si tout près rugissent la fureur et le bruit”. Ca veut dire que partout, il y a de l’espoir, même sans refouler le reste. Sans perdre son empathie et son coeur.

La futilité de la beauté, au sens large j’entends, c’est aussi la fureur de vivre, et c’est ce que je voudrais répandre autour de moi.

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